Carnet d'Afrique de l'Ouest

Les programmes d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'Ouest

samedi 16 janvier 2010

Le Trésor Vert

Paru dans le numéro de Janvier d'Interdépendances, un article écrit par Raphaëlle Birot, Ingénieur Agronome qui a fait partie de l'équipe de lancement du projet de vente de spiruline en zone rurale dans la région de Koudougou.
En 2009, 25 vendeuses, bénéficiaires de l'IMF AsiEnA ont distribué plus de 120kg de spiruline dans les villages autour de Koudougou, tous les espoirs sont permis pour qu'en 2010 encore plus d'enfants et d'adultes malnutris bénéficient ainsi de la spiruline...


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lundi 14 septembre 2009

Visite de la nouvelle Coordinatrice FSD

Aujourd’hui l’agence de Chorkor a reçu la visite de la nouvelle coordinatrice FSD, Melle Elise Ponson. Comme certains d’entre vous s’en rappellent peut-être, le FSD (Fond Social de Développement) est un fond géré par l’Ambassade de France qui a pour but d’apporter un soutien direct à des ONG locales.
Dans notre cas, nous sommes les récipiendaires d’un support du FSD pour la seconde fois, pour le développement d’un produit de prêt à 0% qui vise les micro entrepreneurs les plus pauvres que nous appelons « prêts coup de pouce » ou Kick Start loans en anglais.
Elise est donc venue sur le terrain pour découvrir notre méthodologie et a rencontré le groupe Mokosane, composé de 13 partenaires coup de pouce. Deux d’entre eux on reçu leur prêt en juin tandis que les autres l’ont reçu en juillet. Le prêt moyen de GH¢ 44 a été utilise pour leur business, comme par exemple Rosemary Mensah (voir la photo ci-dessous) qui a investit son capital dans un stock de savon nigérian qu’elle vend au détail dans sa communauté. Par ailleurs, la plupart du groupe épargne maintenant GH¢ 1 à GH¢ 2 par semaine, alors qu’avant de rejoindre ID-Ghana pratiquement aucune d’entre elles n’épargnait.
Ce type de changement de comportement est rendu possible grâce aux nombreuses formations données par l’équipe de la mission sociale (dans ce cas le responsable du projet Kick Start Godknows Kporha). Il dispense ces formations sur une base hebdomadaire aux partenaires Kick Start. En un sens, on peut dire que le projet Kick Start tient davantage du programme d’éducation financière que d’un programme financier. Car notre ambition est de voir les bénéficiaires de ce produit spécial se débrouiller assez bien pour pouvoir gérer un prêt et ainsi accéder le plus tôt possible à nos produits « standard »…

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dimanche 13 septembre 2009

Fière d’être Nakoglbzanga !


(Rapporté par Adélaïde Gros)

Cela va bientôt faire un an que le projet spiruline a été mis en place dans la région de Koudougou avec notre IMF partenaire AsIEnA. L’heure est donc venue de faire un premier bilanet c’est l’occasion de s’entretenir avec les Nakoglbzanga* et de connaître leurs sentiments sur le projet et leurs motivations.

Je voulais vous faire partager les échanges que j’ai eu avec Georgette Kanssono, . Nakoglbzanga au village de Goundi, près de Koudougou.

Le plus frappant est la fierté de Georgette Kanssono. Lorsque nous lui parlons de la spiruline, elle esquisse un sourire, rapidement elle se livre et nous explique les bienfaits que lui a apporté la poudre verte. Elle commence en abordant le thème de la santé, car depuis que Georgette consomme elle-même la spiruline, elle a retrouvé l’appétit, mais aussi le sommeil et elle a fait de son propre cas son argument de vente numéro 1.

Elle nous explique également que la reconnaissance de ses proches est très importante, tout le monde sait qu’elle vend la spiruline au village. Cette fierté d’être Nakoglbzanga, nous pouvons l’entendre dans son récit, mais elle est également observable dans son attitude. Quand elle arbore son badge de Nakoglbzanga, consciente de la responsabilité qui repose sur ses épaules, elle arpente le marché en criant avec conviction « spiruline, spiruline » pour vendre le sachets de 25g de spiruline. Aujourd’hui, elle cumule le poste de Nakoglbzanga avec celui de Maman Santé, c'est-à-dire qu’elle s’occupe des ventes qui ont lieu au sein de la MUSO** et suit les familles qui achètent la spiruline.

Il n’est plus rare que les villageois viennent frapper à sa porte pour lui demander des conseils aussi bien sur la santé que sur la nutrition. La passion avec laquelle Georgette parle de la spiruline fait d’elle, sans aucun doute une excellente ambassadrice de ce complément alimentaire. Mais elle reste réaliste : oui, la spiruline permet de rester en bonne santé et est bonne pour tous, enfants, adultes, personnes agées, mais ce n’est pas un médicament, il faut donc continuer à se soigner, si l’on est malade. Et pour bénéficier des bienfaits de la spiruline, il faut la consommer régulièrement.

Aujourd’hui au Burkina Faso, en période de soudure, où les greniers sont vides et les champs pas encore prêts à être récoltés, la spiruline n’est plus une priorité pour un grand nombre de familles en brousse. Au prix de 500 FCFA le sachet, de nombreux clients habituellement fidèles ne peuvent se fournir et attendent l’arrivée des prochaines récoltes et des rentrées d’argent pour pouvoir reprendre leur traitement. Georgette se désole de cette situation non pas parce que ses bénéfices diminuent au cours de l’hivernage, mais réellement car elle se soucie de la santé de ses voisins.

Actuellement les Nakoglbzanga ont donc bien du mal à remplir leur mission, car les clients n’ont plus d’argent, et le prix de revient de la spiruline ne permet pas encore de baisser les prix. Mai la priorité pour Georgette et les autres Nakoglbzanga du projet reste bien d’informer sur les bienfaits de la spiruline et de la rendre accessible aux personnes vivant en brousse. AsIEnA et EdM travaillent quant à eux avec les fermes productrices pour voir comment diminuer le prix de revient et le prix de vente, tout en visant la pérennité du projet et sans impacter sur la viabilité des fermes… un difficile équilibre…

* vendeurs-conseillers de spiruline, membres des MUSO d’AsIEnA. Le nom signifie ‘celui qui s’occupe du bien-être de tous’ en lange locale moré.

** MUSO, Mutuelle Solidarité, groupement d’hommes et de femmes qui adhèrent à l’IMF AsIEnA

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samedi 12 septembre 2009

Campagne de prévention et de gestion de la malaria à Nima

Nous avons organise conjointement avec notre organisation partenaire Infanta Malaria Prevention Foundation (IMPF) une campagne de prévention et de gestion de la malaria pour nos communautés de Nima.
IMPF nous a déjà aide l’an passé à revoir nos modules de formation sur la malaria et a partagé avec nous des outils de formation que nous utilisons dans nos sessions portant sur l’hygiène et la santé.

Cet évènement à Nima a consisté à faire passer le test de la goutte épaisse à 150 enfants et à former leurs parents à la prévention et au traitement de la malaria.
Cette campagne est le résultat d’un effort des deux organisations pour rassembler le matériel nécessaire pour faire les tests d’une part (IMPF) et pour trouver un lieu de rassemblement et rassembler la communauté pendant cette journée d’autre part (ID-Ghana).


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vendredi 21 août 2009

La Success Story d'août au Ghana

Jessie est une femme divorcée de 58 ans, mère de trois enfants. Les aînés ont respectivement 38 et 33 ans et sont tous deux mariés, tandis que le plus jeunes (18 ans) est au lycée. Elle est originaire de la Région du Grand Accra mais est née et a grandi à Kaneshie, Accra. Elle vit actuellement à Bubuashie mais a installé son affaire à Kaneshie où elle a une échoppe.
Jessie vendait autrefois des produits cosmétiques mais a décidé de changer pour la vente de vêtements, qui lui semblait alors plus profitable. Elle ouvre son magasin tous les jours de 7:00 à 17:30.
Son second enfant s’est installé au Etats-Unis. Il avait pour habitude de lui envoyer de l’argent qu’elle investissait dans son affaire. Mais lorsqu’il s’est marié, ses envois ont arrêté immédiatement, mettant un terme à ses plans d’expansion. C’est en discutant de ces difficultés avec une amie qu’elle découvrit ID-Ghana.
Après avoir établi le contact avec l’organisation et avoir reçu les agents de crédit dans son magasin, elle a pu obtenir un premier prêt de GH¢ 300 en octobre 2007. Puis elle a obtenu successivement GH¢ 500 et GH¢ 700 en avril et novembre 2008. A présent, elle fait partie des partenaires ‘Front Desk’ d’ID-Ghana (i.e. elle repaie son prêt au guichet de l’agence de Kaneshie) et elle a utilisé son 4ème prêt de GH¢ 500 pour faire croître son affaire.
Avec le support d’ID-Ghana, elle pu significativement diversifier son petit business : au fil du temps, elle a inclus dans sa gamme des sous-vêtements, des soutiens-gorge et des foulards. Avant de prendre des prêts, ses ventes journalières s’élevaient à GH¢ 10/30.
Aujourd’hui, ce chiffre est monté à GH¢ 30/100! En plus de son épargne de GH¢ 100 avec ID-Ghana, elle a aussi un compte avec UT Bank. Actuellement, elle est capable de subvenir à ses besoins sans problème aucun. Elle est heureuse de pouvoir payer les frais scolaires du plus jeune de ses enfants sans difficultés ; elle a même utilisé son épargne pour ce faire. A présent, elle rêve de construire une maison pour ses enfants. Elle est certaine de pouvoir arriver à ses fins puisqu’elle épargne dur pour ce projet !

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vendredi 17 juillet 2009

Evacuation en vue à Sodom & Gomorrhe

Créé illégalement en 1979, le bidonville de Sodome et Gomorrhe sous la menace d'être évacué depuis lors. Mais cette fois, les journaux relatent la ferme volonté de la municipalité d'Accra de déplacer le bidonville à l'extérieur de la ville, à Adzen Kotoku.
S'il semble souhaitable d'empêcher les gens de s'installer sur les terres occupées aujourd'hui, qui sont entourées par la lagune polluée à outrance par les eaux usées de la ville, de nombreux problèmes demeurent. Sodome et Gomorrhe est en effet peuplé de milliers de résidents temporaires qui descendent de leur village pour vendre leur stock de produits aux marchés tout proches de Makola & Agbogbloshie. Il s'agit donc d'un lieu de résidence provisoire bon marché et offrant une position centrale d'où opérer. Mais une solution de rechange pour les milliers de vilageois concernés ne semble pas faire partie du plan de la municipalité...
Pour ce qui est d'ID-Ghana, il nous faut absolument anticiper cette évolution car de nombreux partenaires habitent ou exploitent une petite affaire sur ce terrain en passe d'être évacué...



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dimanche 28 juin 2009

La Success Story de juin au Burkina Faso

La culture des produits maraîchers est une activité qui est de plus en plus pratiquée par les paysans burkinabè après la saison des pluies.
Jean-Baptiste Compaoré, paysan résident à Tansèga, une localité située à quelques 35 Km de Ouagadougou, capitale politique du Burkina-Faso, fait partie de ces braves cultivateurs qui travaillent chaque jour pour gagner leur pain quotidien.

Originaire de Tansèga, Jean-Baptiste cultive dans son jardin choux, piments et courgettes. Il est également pépiniériste et pratique aussi l’élevage.
Membre du groupement Wend Waoga, qui est composé de huit hommes, il est marié et père de sept enfants dont quatre scolarisés. La famille habite dans une concession à cinq maisons dont trois cases sont pour sa famille.
Dès son jeune âge, Jean Baptiste a appris la production de produits maraîchers auprès de son père qui avait pour activité génératrice de revenu ce type d’agriculture.
L’équipement nécessaire à la production est constitué d’arrosoirs, de seaux, de pique haches, de pelles, de dabas* à quatre « dents », de râteaux, de petites dabas* pour la culture des plants et de barres à mine pour creuser des puits puisque l’activité n’est pas exercée au bord d’un barrage.
Cependant, les difficultés majeures rencontrées dans l’exercice de cette activité sont relatives à l’assèchement des puits car pour maintenir un bon niveau d’eau durant toute l’année pour la production, l’intérieur du puits doit être recouvert de sape. Les maraîchers ont donc besoin en matériaux tels que le ciment et le sable, mais cela représente un gros investissement et reste un facteur limitant. Jean-Baptiste est dans cette situation car il ne peut financer une telle dépense qui pourtant lui permettrait d’être plus productif.

Pendant la saison pluvieuse, Jean-Baptiste se réveille à trois heures du matin pour se rendre à son jardin, puis se dirige vers son champ à partir de huit heures pour les travaux champêtres. A la fin de la journée vers seize heures il repasse travailler au jardin pour faire notamment un suivi des plants. Il veut arroser avant la nuit, mais surtout vérifier la présence de vers destructeurs et de parasites pour utiliser des pesticides si besoin et préserver ses légumes.

Bien que proche de la capitale, la population de Tansèga mène des activités agro-pastorales et en dépit de leur proximité avec la grande ville, il ne leur est pas facile de se rendre à Ouagadougou dans les caisses de microfinance. Le groupement Wend Waoga bénéficiait d’un appui-conseil de la radio locale « Vive le Paysan » qui l’a orienté vers la Banque Agricole et Commerciale du Burkina (BACB), banque avec laquelle il a travaillé pendant dix ans.
Mais Jean-Baptiste et son groupement ont entendu parler d’AsIEnA la méthodologie de cette institution de microfinance qui promeut l’auto prise en charge leur a plu, et aussi le fait qu’AsIeNa soit équipé d’une agence mobile et vienne rencontrer le groupement sur place tous les mois. Ils se sont donc orientés vers cette nouvelle structure et se sont constitués en une Mutuelle Solidarité (MUSO).
C’est ainsi que depuis trois mois, Jean-Baptiste est partenaire de l’IMF et dispose d’un compte à AsIEnA. Il en est à son premier crédit d’un montant de 25 000FCFA. Cela lui a permis d’acquérir des intrants (semence de courgette, pesticide) pour la production.

Actuellement, Jean Baptiste commence à récolter ses légumes et les écoule sur le marché local, il a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 17 550FCFA, mais la saison n’est pas fini et il espère pouvoir au moins doubler ce revenu avec la vente du reste de sa production. Il a prévu de réutiliser son bénéfice pour rembourser le crédit bien sûr, mais aussi pour lancer une deuxième phase de production.
Après avoir soldé son premier crédit avec AsIEnA, il a pour projet de contracter un second prêt plus élevé pour rétablir et améliorer le niveau de deux puits qui sont actuellement mis au rebus.

(Rapportée par Armel Guenguere)


* la daba est un outil local, une petite pioche

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