Carnet d'Afrique de l'Ouest

Les programmes d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'Ouest

dimanche 28 juin 2009

La Success Story de juin au Burkina Faso

La culture des produits maraîchers est une activité qui est de plus en plus pratiquée par les paysans burkinabè après la saison des pluies.
Jean-Baptiste Compaoré, paysan résident à Tansèga, une localité située à quelques 35 Km de Ouagadougou, capitale politique du Burkina-Faso, fait partie de ces braves cultivateurs qui travaillent chaque jour pour gagner leur pain quotidien.

Originaire de Tansèga, Jean-Baptiste cultive dans son jardin choux, piments et courgettes. Il est également pépiniériste et pratique aussi l’élevage.
Membre du groupement Wend Waoga, qui est composé de huit hommes, il est marié et père de sept enfants dont quatre scolarisés. La famille habite dans une concession à cinq maisons dont trois cases sont pour sa famille.
Dès son jeune âge, Jean Baptiste a appris la production de produits maraîchers auprès de son père qui avait pour activité génératrice de revenu ce type d’agriculture.
L’équipement nécessaire à la production est constitué d’arrosoirs, de seaux, de pique haches, de pelles, de dabas* à quatre « dents », de râteaux, de petites dabas* pour la culture des plants et de barres à mine pour creuser des puits puisque l’activité n’est pas exercée au bord d’un barrage.
Cependant, les difficultés majeures rencontrées dans l’exercice de cette activité sont relatives à l’assèchement des puits car pour maintenir un bon niveau d’eau durant toute l’année pour la production, l’intérieur du puits doit être recouvert de sape. Les maraîchers ont donc besoin en matériaux tels que le ciment et le sable, mais cela représente un gros investissement et reste un facteur limitant. Jean-Baptiste est dans cette situation car il ne peut financer une telle dépense qui pourtant lui permettrait d’être plus productif.

Pendant la saison pluvieuse, Jean-Baptiste se réveille à trois heures du matin pour se rendre à son jardin, puis se dirige vers son champ à partir de huit heures pour les travaux champêtres. A la fin de la journée vers seize heures il repasse travailler au jardin pour faire notamment un suivi des plants. Il veut arroser avant la nuit, mais surtout vérifier la présence de vers destructeurs et de parasites pour utiliser des pesticides si besoin et préserver ses légumes.

Bien que proche de la capitale, la population de Tansèga mène des activités agro-pastorales et en dépit de leur proximité avec la grande ville, il ne leur est pas facile de se rendre à Ouagadougou dans les caisses de microfinance. Le groupement Wend Waoga bénéficiait d’un appui-conseil de la radio locale « Vive le Paysan » qui l’a orienté vers la Banque Agricole et Commerciale du Burkina (BACB), banque avec laquelle il a travaillé pendant dix ans.
Mais Jean-Baptiste et son groupement ont entendu parler d’AsIEnA la méthodologie de cette institution de microfinance qui promeut l’auto prise en charge leur a plu, et aussi le fait qu’AsIeNa soit équipé d’une agence mobile et vienne rencontrer le groupement sur place tous les mois. Ils se sont donc orientés vers cette nouvelle structure et se sont constitués en une Mutuelle Solidarité (MUSO).
C’est ainsi que depuis trois mois, Jean-Baptiste est partenaire de l’IMF et dispose d’un compte à AsIEnA. Il en est à son premier crédit d’un montant de 25 000FCFA. Cela lui a permis d’acquérir des intrants (semence de courgette, pesticide) pour la production.

Actuellement, Jean Baptiste commence à récolter ses légumes et les écoule sur le marché local, il a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 17 550FCFA, mais la saison n’est pas fini et il espère pouvoir au moins doubler ce revenu avec la vente du reste de sa production. Il a prévu de réutiliser son bénéfice pour rembourser le crédit bien sûr, mais aussi pour lancer une deuxième phase de production.
Après avoir soldé son premier crédit avec AsIEnA, il a pour projet de contracter un second prêt plus élevé pour rétablir et améliorer le niveau de deux puits qui sont actuellement mis au rebus.

(Rapportée par Armel Guenguere)


* la daba est un outil local, une petite pioche

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jeudi 26 février 2009

Démarrage sur les chapeaux de roues !

Mise en place d’une « Agence Mobile » de micro crédit dans les quartiers périphériques de Ouagadougou

Depuis 2008, EDM appuie ASIENA* au Burkina Faso, notamment pour la mise en place d’un projet d’Agence Mobile dans les quartiers périphériques de Ouagadougou.

Ce projet, soutenu entre autres par la Fondation Le Mascaret, répond à un réel besoin des habitants les plus défavorisés et excentrés de la capitale du Burkina Faso : avoir accès à des services financiers et non financiers de proximité. Ces familles habitent dans les zones périphériques non viabilisées des villes, où nombre de micro entrepreneurs sont exclus du système bancaire formel et dépendent des usuriers. Elles souhaitent démarrer ou consolider une activité génératrice de revenus, mais sont freinées par plusieurs facteurs : quartiers enclavés, manque de nombreux services de bases, revenus extrêmement modestes ; elles sont pour la quasi totalité engagées dans des activités du secteur informel. C’est souvent la mère de famille qui dans ce cas est impliquée dans la mise en oeuvre de l’activité, les maris, lorsqu’ils travaillent, menant plus souvent des activités en secteur formel ou éloignées de leur lieu d’habitation.
L’offre en services de micro finance ne manque pas sur Ouagadougou, mais elle se bancarise et s’adresse à des familles qui présentent un certain nombre de garanties et qui ne figurent donc pas parmi les plus pauvres.

Ce projet a pour vocation de toucher les citadins les plus éloignés géographiquement des IMF locales et les plus démunis. L’Agence Mobile permettra d’aller au plus près de ces populations afin de leur offrir une offre de services financiers et non financiers, selon la méthodologie Muso** déjà expérimentée par ASIENA auprès de plus de 3000 personnes dans les régions de Dédougou, Diébougou, Nouna et Koudougou. L’objectif est de répondre à la demande en micro crédit des familles les plus pauvres résidant dans ces quartiers, de les sensibiliser à la philosophie Muso et à l’épargne volontaire, d‘organiser des formations portant sur la gestion des micro entreprises, les problèmes sociaux ou l’hygiène/santé et de mettre en place un système de référencement des personnes en difficulté vers des structures plus spécialisées pour certains problèmes sociaux.

Au terme des deux premiers mois de démarrage du projet, une large sensibilisation des populations a déjà été menée par la Responsable des Opérations et Développement d’Asiéna et le Stagiaire Agence Mobile d’EdM. Une dizaine de groupes ont déjà été touchés, soit plus de 300 femmes (et 10 hommes !). La demande en micro crédit chez ces groupes semble très importante et urgente, et la philosophie Muso semble d’ores et déjà les convaincre.
Parallèlement, des démarches ont été entreprises pour l’achat et l’immatriculation d’un véhicule. Dès sa mise en service, il sera possible pour l’équipe de l’Agence Mobile de passer de la sensibilisation aux premiers octrois de crédit aux groupes déjà suivis.

Emilie Frapsauce

* Asiéna, Association Inter-Instituts « Ensemble et Avec » créée en 2002, intervient au Burkina Faso et au Niger avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé (MUSO), de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.

** la méthodologie Muso est un principe de mutuelle de solidarité, où les membres cotisent entre eux pour se prêter ensuite entre eux, avec 3 caisses distinctes : une caisse verte d’épargne retraite servant également pour les crédits aux activités génératrices de revenu, une caisse rouge pour la solidarité, et enfin une caisse bleue permettant un apport extérieur en fonds de crédit. Les Assemblées générales mensuelles sont l’occasion d’animations et de sensibilisations aux thèmes économiques et sociaux.

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