Carnet d'Afrique de l'Ouest

Les programmes d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'Ouest

dimanche 13 septembre 2009

Fière d’être Nakoglbzanga !


(Rapporté par Adélaïde Gros)

Cela va bientôt faire un an que le projet spiruline a été mis en place dans la région de Koudougou avec notre IMF partenaire AsIEnA. L’heure est donc venue de faire un premier bilanet c’est l’occasion de s’entretenir avec les Nakoglbzanga* et de connaître leurs sentiments sur le projet et leurs motivations.

Je voulais vous faire partager les échanges que j’ai eu avec Georgette Kanssono, . Nakoglbzanga au village de Goundi, près de Koudougou.

Le plus frappant est la fierté de Georgette Kanssono. Lorsque nous lui parlons de la spiruline, elle esquisse un sourire, rapidement elle se livre et nous explique les bienfaits que lui a apporté la poudre verte. Elle commence en abordant le thème de la santé, car depuis que Georgette consomme elle-même la spiruline, elle a retrouvé l’appétit, mais aussi le sommeil et elle a fait de son propre cas son argument de vente numéro 1.

Elle nous explique également que la reconnaissance de ses proches est très importante, tout le monde sait qu’elle vend la spiruline au village. Cette fierté d’être Nakoglbzanga, nous pouvons l’entendre dans son récit, mais elle est également observable dans son attitude. Quand elle arbore son badge de Nakoglbzanga, consciente de la responsabilité qui repose sur ses épaules, elle arpente le marché en criant avec conviction « spiruline, spiruline » pour vendre le sachets de 25g de spiruline. Aujourd’hui, elle cumule le poste de Nakoglbzanga avec celui de Maman Santé, c'est-à-dire qu’elle s’occupe des ventes qui ont lieu au sein de la MUSO** et suit les familles qui achètent la spiruline.

Il n’est plus rare que les villageois viennent frapper à sa porte pour lui demander des conseils aussi bien sur la santé que sur la nutrition. La passion avec laquelle Georgette parle de la spiruline fait d’elle, sans aucun doute une excellente ambassadrice de ce complément alimentaire. Mais elle reste réaliste : oui, la spiruline permet de rester en bonne santé et est bonne pour tous, enfants, adultes, personnes agées, mais ce n’est pas un médicament, il faut donc continuer à se soigner, si l’on est malade. Et pour bénéficier des bienfaits de la spiruline, il faut la consommer régulièrement.

Aujourd’hui au Burkina Faso, en période de soudure, où les greniers sont vides et les champs pas encore prêts à être récoltés, la spiruline n’est plus une priorité pour un grand nombre de familles en brousse. Au prix de 500 FCFA le sachet, de nombreux clients habituellement fidèles ne peuvent se fournir et attendent l’arrivée des prochaines récoltes et des rentrées d’argent pour pouvoir reprendre leur traitement. Georgette se désole de cette situation non pas parce que ses bénéfices diminuent au cours de l’hivernage, mais réellement car elle se soucie de la santé de ses voisins.

Actuellement les Nakoglbzanga ont donc bien du mal à remplir leur mission, car les clients n’ont plus d’argent, et le prix de revient de la spiruline ne permet pas encore de baisser les prix. Mai la priorité pour Georgette et les autres Nakoglbzanga du projet reste bien d’informer sur les bienfaits de la spiruline et de la rendre accessible aux personnes vivant en brousse. AsIEnA et EdM travaillent quant à eux avec les fermes productrices pour voir comment diminuer le prix de revient et le prix de vente, tout en visant la pérennité du projet et sans impacter sur la viabilité des fermes… un difficile équilibre…

* vendeurs-conseillers de spiruline, membres des MUSO d’AsIEnA. Le nom signifie ‘celui qui s’occupe du bien-être de tous’ en lange locale moré.

** MUSO, Mutuelle Solidarité, groupement d’hommes et de femmes qui adhèrent à l’IMF AsIEnA

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dimanche 28 juin 2009

La Success Story de juin au Burkina Faso

La culture des produits maraîchers est une activité qui est de plus en plus pratiquée par les paysans burkinabè après la saison des pluies.
Jean-Baptiste Compaoré, paysan résident à Tansèga, une localité située à quelques 35 Km de Ouagadougou, capitale politique du Burkina-Faso, fait partie de ces braves cultivateurs qui travaillent chaque jour pour gagner leur pain quotidien.

Originaire de Tansèga, Jean-Baptiste cultive dans son jardin choux, piments et courgettes. Il est également pépiniériste et pratique aussi l’élevage.
Membre du groupement Wend Waoga, qui est composé de huit hommes, il est marié et père de sept enfants dont quatre scolarisés. La famille habite dans une concession à cinq maisons dont trois cases sont pour sa famille.
Dès son jeune âge, Jean Baptiste a appris la production de produits maraîchers auprès de son père qui avait pour activité génératrice de revenu ce type d’agriculture.
L’équipement nécessaire à la production est constitué d’arrosoirs, de seaux, de pique haches, de pelles, de dabas* à quatre « dents », de râteaux, de petites dabas* pour la culture des plants et de barres à mine pour creuser des puits puisque l’activité n’est pas exercée au bord d’un barrage.
Cependant, les difficultés majeures rencontrées dans l’exercice de cette activité sont relatives à l’assèchement des puits car pour maintenir un bon niveau d’eau durant toute l’année pour la production, l’intérieur du puits doit être recouvert de sape. Les maraîchers ont donc besoin en matériaux tels que le ciment et le sable, mais cela représente un gros investissement et reste un facteur limitant. Jean-Baptiste est dans cette situation car il ne peut financer une telle dépense qui pourtant lui permettrait d’être plus productif.

Pendant la saison pluvieuse, Jean-Baptiste se réveille à trois heures du matin pour se rendre à son jardin, puis se dirige vers son champ à partir de huit heures pour les travaux champêtres. A la fin de la journée vers seize heures il repasse travailler au jardin pour faire notamment un suivi des plants. Il veut arroser avant la nuit, mais surtout vérifier la présence de vers destructeurs et de parasites pour utiliser des pesticides si besoin et préserver ses légumes.

Bien que proche de la capitale, la population de Tansèga mène des activités agro-pastorales et en dépit de leur proximité avec la grande ville, il ne leur est pas facile de se rendre à Ouagadougou dans les caisses de microfinance. Le groupement Wend Waoga bénéficiait d’un appui-conseil de la radio locale « Vive le Paysan » qui l’a orienté vers la Banque Agricole et Commerciale du Burkina (BACB), banque avec laquelle il a travaillé pendant dix ans.
Mais Jean-Baptiste et son groupement ont entendu parler d’AsIEnA la méthodologie de cette institution de microfinance qui promeut l’auto prise en charge leur a plu, et aussi le fait qu’AsIeNa soit équipé d’une agence mobile et vienne rencontrer le groupement sur place tous les mois. Ils se sont donc orientés vers cette nouvelle structure et se sont constitués en une Mutuelle Solidarité (MUSO).
C’est ainsi que depuis trois mois, Jean-Baptiste est partenaire de l’IMF et dispose d’un compte à AsIEnA. Il en est à son premier crédit d’un montant de 25 000FCFA. Cela lui a permis d’acquérir des intrants (semence de courgette, pesticide) pour la production.

Actuellement, Jean Baptiste commence à récolter ses légumes et les écoule sur le marché local, il a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 17 550FCFA, mais la saison n’est pas fini et il espère pouvoir au moins doubler ce revenu avec la vente du reste de sa production. Il a prévu de réutiliser son bénéfice pour rembourser le crédit bien sûr, mais aussi pour lancer une deuxième phase de production.
Après avoir soldé son premier crédit avec AsIEnA, il a pour projet de contracter un second prêt plus élevé pour rétablir et améliorer le niveau de deux puits qui sont actuellement mis au rebus.

(Rapportée par Armel Guenguere)


* la daba est un outil local, une petite pioche

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dimanche 5 avril 2009

Tout savoir sur Asiena et les MUSO!

Entrepreneurs du Monde intervient depuis 2008 au Burkina Faso, et grâce à votre soutien et vos conseils a pu concrétiser plusieurs partenariats et projets. Vous trouverez ci-joint la
fiche programme présentant notre IMF partenaire Asiena.

La prochaine édition sur les nouveaux développements sortira début 2010.

Bonne lecture!

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jeudi 26 mars 2009

Un week-end à l’ombre des voûtes nubiennes

Les 13 et 14 mars derniers, les équipes d’EdM-BF et d‘Asiena* ont passé deux jours ensemble à Boromo, une ville située au cœur du Burkina Faso, à mi-chemin entre Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Elles étaient accueillies par une 3ème structure partenaire : l’Association Voûte Nubienne** (AVN). L’équipe d’EdM-BF était, hormis le responsable comptable, retenu à Ouagadougou, au complet et Asiena avait convié ses 12 animateurs accompagnés chacun d’un micro entrepreneur membre des MUSO*.
Ce sont donc 35 personnes au total qui étaient logées à l’hôtel des Voûtes Nubiennes de Boromo pour deux jours de découverte de la technique et des synergies possibles avec les projets d’entreprenariat social d’EdM et Asiena.

AVN nous a tout d’abord fait une présentation en images, à l’aide d’une gigantesque et très belleche murale garnie de photos en couleur de voûtes nubiennes déjà réalisées en Afrique de l’Ouest : il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes et pour tous les budgets ! Des coordinateurs et un chef maçon de l’association nous ont exposé les grands principes. La voûte nubienne est, en matériaux locaux sans bois, ni tôle, mais en briques de terre uniquement et construite par des maçons locaux formés par l’association et présents dans tout le pays. Cette construction est durable, elle résiste aux intempéries et avec un minimum d’entretien durera plusieurs générations. Elle est enfin économique, et moins chère à la construction qu’une maison en parpaings, elle fait surtout réaliser une économie sur le long terme à son propriétaire.

L’auditoire était très impressionné par cette prouesse architecturale qu’on a peine à imaginer sans le voir de ses propres yeux. Et tous furent très sensibles à la question économique : la possibilité qu’offre AVN aux populations de contribuer en nature à la construction et, par là, de réduire d’autant le coût en numéraire du bâti est un argument vraiment important.

Nous avons ensuite pu visiter les voûtes nubiennes de Boromo et des environs : l’hôtel, les bureaux de l’association, une église et une salle d’alphabétisation. Ces visites sur le terrain furent l’occasion d’exclamations sur la qualité et l’esthétique de ces réalisations. Elles furent également prétexte à de nombreuses autres questions sur la modularité des voûtes et la possibilité de construire à étage sans couler de dalle, la plupart des personnes présentes en étant déjà à imaginer concrètement la construction d’une voûte nubienne dans leur village…

A la fin du WE, les équipes se sont réunies avant un dernier déjeuner de riz sauce arachide pour faire le bilan... Les animateurs pensent que leur seule parole ne suffira pas à convaincre, donc l’équipe d’AVN sera certainement amenée à se déplacer avec sa bâche murale pour sensibiliser directement les populations, les MUSO pourront aussi visiter des voûtes nubiennes construites dans leur région. Les femmes, principales partenaires d’Asiena évoquent le problème des hommes, qu’il faudra à la fois motiver pour la construction, mais aussi sensibiliser car ils sont en majorité propriétaires des terrains. Mais bâtiments communautaires ou maisons individuelles, plusieurs personnes envisagent déjà des chantiers, et tous étaient après ces visites plutôt envoûtés!

Et l’on ne pouvait pas rêver meilleure conclusion pour ce WE que la confirmation que la Fondation Les Amis du Sénégal avait accordé une subvention à Asiena pour la construction de 4 bâtiments en Voûte Nubienne à Dédougou et Diébougou. 2 salles d’alphabétisation et 2 bureaux-guichets permettront de consolider et développer les activités d’Asiena dans ces zones ! Les chantiers doivent commencer très vite pour espérer tirer les voûtes avant le début de la saison des pluies…

Emilie Frapsauce

* Asiena, IMF partenaire d’EdM-BF - Association Inter-Instituts « Ensemble et Avec » créée en 2002, intervient au Burkina Faso et au Niger avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé (MUSO), de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.

** AVN promeut la voûte nubienne : une technique africaine de construction de toits en terre. Au Sahel, c’est la seule alternative à l’utilisation de bois rare et de tôles inadaptées - chaudes et chères - qui obligent les populations à une architecture les enfermant dans un cercle vicieux de pauvreté. En vulgarisant cette technique à grande échelle, le programme ‘Pour des Toits de Terre au Sahel’ permet aux populations d’Afrique subsaharienne d’améliorer durablement leur qualité de vie

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jeudi 26 février 2009

Démarrage sur les chapeaux de roues !

Mise en place d’une « Agence Mobile » de micro crédit dans les quartiers périphériques de Ouagadougou

Depuis 2008, EDM appuie ASIENA* au Burkina Faso, notamment pour la mise en place d’un projet d’Agence Mobile dans les quartiers périphériques de Ouagadougou.

Ce projet, soutenu entre autres par la Fondation Le Mascaret, répond à un réel besoin des habitants les plus défavorisés et excentrés de la capitale du Burkina Faso : avoir accès à des services financiers et non financiers de proximité. Ces familles habitent dans les zones périphériques non viabilisées des villes, où nombre de micro entrepreneurs sont exclus du système bancaire formel et dépendent des usuriers. Elles souhaitent démarrer ou consolider une activité génératrice de revenus, mais sont freinées par plusieurs facteurs : quartiers enclavés, manque de nombreux services de bases, revenus extrêmement modestes ; elles sont pour la quasi totalité engagées dans des activités du secteur informel. C’est souvent la mère de famille qui dans ce cas est impliquée dans la mise en oeuvre de l’activité, les maris, lorsqu’ils travaillent, menant plus souvent des activités en secteur formel ou éloignées de leur lieu d’habitation.
L’offre en services de micro finance ne manque pas sur Ouagadougou, mais elle se bancarise et s’adresse à des familles qui présentent un certain nombre de garanties et qui ne figurent donc pas parmi les plus pauvres.

Ce projet a pour vocation de toucher les citadins les plus éloignés géographiquement des IMF locales et les plus démunis. L’Agence Mobile permettra d’aller au plus près de ces populations afin de leur offrir une offre de services financiers et non financiers, selon la méthodologie Muso** déjà expérimentée par ASIENA auprès de plus de 3000 personnes dans les régions de Dédougou, Diébougou, Nouna et Koudougou. L’objectif est de répondre à la demande en micro crédit des familles les plus pauvres résidant dans ces quartiers, de les sensibiliser à la philosophie Muso et à l’épargne volontaire, d‘organiser des formations portant sur la gestion des micro entreprises, les problèmes sociaux ou l’hygiène/santé et de mettre en place un système de référencement des personnes en difficulté vers des structures plus spécialisées pour certains problèmes sociaux.

Au terme des deux premiers mois de démarrage du projet, une large sensibilisation des populations a déjà été menée par la Responsable des Opérations et Développement d’Asiéna et le Stagiaire Agence Mobile d’EdM. Une dizaine de groupes ont déjà été touchés, soit plus de 300 femmes (et 10 hommes !). La demande en micro crédit chez ces groupes semble très importante et urgente, et la philosophie Muso semble d’ores et déjà les convaincre.
Parallèlement, des démarches ont été entreprises pour l’achat et l’immatriculation d’un véhicule. Dès sa mise en service, il sera possible pour l’équipe de l’Agence Mobile de passer de la sensibilisation aux premiers octrois de crédit aux groupes déjà suivis.

Emilie Frapsauce

* Asiéna, Association Inter-Instituts « Ensemble et Avec » créée en 2002, intervient au Burkina Faso et au Niger avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé (MUSO), de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.

** la méthodologie Muso est un principe de mutuelle de solidarité, où les membres cotisent entre eux pour se prêter ensuite entre eux, avec 3 caisses distinctes : une caisse verte d’épargne retraite servant également pour les crédits aux activités génératrices de revenu, une caisse rouge pour la solidarité, et enfin une caisse bleue permettant un apport extérieur en fonds de crédit. Les Assemblées générales mensuelles sont l’occasion d’animations et de sensibilisations aux thèmes économiques et sociaux.

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jeudi 21 août 2008

Premiers pas au Burkina Faso

Aujourd'hui, je laisse la parole à Cécile qui est venue passer un mois au Burkina Faso en tant que bénévole... après quelques mois à travailler en solo, j'étais ravie d'avoir du renfort! Et une contributrice pour le blog... bonus! Elle vient de prolonger son séjour de 5 jours... il y a encore du travail... et puis le Burkina Faso est un pays attachant que l'on a du mal à quitter. Quand elle 'demandera la route', comme on dit ici, 'on ne lui en donnera que la moitié', comme le veut la coutume burkinabé... pour qu'elle revienne vite! Bonne lecture!


« Je suis venue prêter main forte durant mes vacances à Laetitia au sein des deux IMF partenaires d’EDM Afrique de l’Ouest… Au programme : immersion au sein des deux IMF MUFEDE et ASIENA afin de faire un diagnostic sur les processus comptables et les outils de gestion en place.
Après « une bonne arrivée », les journées alternent entre rencontres des différents membres des IMF et terrain : prise de connaissance de l’activité de microcrédit à travers des interviews des caissières, gérantes, responsable Epargne, responsable portefeuille, comptable mais aussi tournée des partenaires avec une animatrice sur les différents marchés d’Ouaga et découverte des différents commerçants bénéficiaires : vendeuse de dolo, vendeuse de pagne, coiffeuse, quincailliers…Il s’agit dans un premier temps de bien comprendre les mécanismes de l’activité pour pouvoir identifier les besoins de suivi et l’état actuel du suivi effectué au sein des IMF. Rapidement, je me rends compte que les problématiques ne sont pas très différentes de celles que je rencontre en France dans mon métier de consultante en processus financiers chez KPMG…: absence de contrôles, peu de procédures ou procédures peu formalisées, beaucoup de processus manuels… Les recommandations vont pouvoir pleuvoir ! Mais attention, il s’agit aussi de prendre en compte la façon de travailler et le cœur de métier des deux IMF partenaires.. ; Et oui, on ne travaille pas de la même manière qu’on soit à Paris ou à Ouaga… Heureusement, là encore mon expérience de 6 mois de mission à Casablanca l’année dernière va pouvoir porter ses fruits….Ce n’est pas parce qu’on parle la même langue par exemple qu’on se comprend forcément toujours bien : donc je fais bien attention à expliquer, réexpliquer différemment, m’assurer que ce que je demande est bien compris....Heureusement, les équipes sont volontaires et bien contentes de voir du soutien arriver.. oui, d’accord, mais il va falloir se retrousser les manches pour que le plan d’actions se mette en œuvre !
De mon côté, l’étonnement est quotidien et l’apprentissage permanent : travail au rythme burkinabé – tôt le matin mais sieste obligatoire entre 12H30 et 15h -, pas de sauvegarde informatique – ah quoi bon ? – malgré les coupures d’électricité régulières et les virus informatiques qui pullulent, pas d’équipement informatique des bureaux provinciaux (je rendrai visite à l’agence de Koudougou à 1h30 de Ouaga) : tout est tenu à la main dans de jolis registres papiers, une colonne débit, une colonne crédit, un stylo bleu, un stylo rouge et hop le tour est joué ! Malgré cela, le cœur de métier fonctionne : couverture des zones commerciales des villes où sont implantées les IMF, volonté des IMF de s’adresser aux plus pauvres en développant des produits appropriés et en suivant l’évolution du niveau de vie des partenaires, animatrices terrain qui aiment leur métier et mettent du cœur à l’ouvrage… Une expérience riche en échanges, bien loin de mes préoccupations habituelles d’européenne et qui ne peut que donner envie de recommencer…. »

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vendredi 27 juin 2008

‘Bonne Arrivée’ au Burkina Faso

‘Bonne Arrivée’, bienvenue au Burkina Faso ! Suite à une prospection début 2008, EDM a décidé en mai de lancer des activités au pays des hommes intègres. Un de nos partenaires pour ce nouveau programme est l’institution de microfinance ASIENA, Association Inter-institut Ensemble et Avec, créée en 2003 et dirigée par la très dynamique Emilie Somda.
ASIENA a débuté en faisant du crédit aux communautés religieuses, et après cette expérience de crédit direct, a voulu privilégier le microcrédit aux populations les plus pauvres et la mise en place de Mutuelles de Solidarité ou MUSO. Au Burkina Faso, près des deux tiers de la population vivent avec moins de 250 francs CFA par jour (0,40 euro). ASIENA intervient avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé, l’installation de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.
Une MUSO est un groupe de personnes qui se connaissent et décident de cotiser en vue d’atteindre certains objectifs communs ou de transformer ces cotisations en crédit pour les membres du groupe. La MUSO diffère de la tontine dans la mesure où elle constitue un capital avant de prêter et octroie des crédits en fonction des besoins de chacun et non d’une manière uniforme pour tous.
Trois caissettes caractérisent la MUSO, une caisse verte pour l’épargne et le crédit, une caisse rouge pour la prise en charge des besoins sociaux et une bleue pour les transactions financières avec l’extérieur. Le groupe se cotise en interne et fixe lui-même le montant des cotisations. A ce jour il y a 85 Muso et plus de 2000 membres. Quand les fonds internes ne suffisent plus, Asiena peut offrir du refinancement à court terme.
ASIENA touche surtout des femmes en zone périurbaine ou rurale, début juin avec sœur Emilie nous nous sommes rendues à Toma à 500km au nord ouest de Ouagadougou pour rencontrer des associations intéressées par créer des MUSO. Après avoir assisté à la séance de sensibilisation, l’association Kayo-lo (Lève-toi) de personnes vivant avec le VIH a décidé de rejoindre les 85 MUSO et plus de 2000 membres qui existent déjà au Burkina Faso. Ce groupe de 36 personnes, dont 32 veuves, s’est mis d’accord sur le montant des cotisations hebdomadaires et pourra bientôt s’octroyer les premiers microcrédits. Pour la présidente de l’association, Pélagie, c’est une grande fierté d’adhérer à une MUSO, non seulement les microcrédits vont les aider à développer des activités de petit commerce, de dolo (bière artisanale locale) ou de restauration (riz sauce, beignets…) et à améliorer leur revenu, mais cela leur donne aussi l’occasion de penser à autre chose que la maladie et de mettre leur énergie dans ces nouveaux projets.
Entrepreneurs du Monde soutient la professionnalisation d’ASIENA grâce à une aide financière qui servira notamment à la mise en œuvre et l'informatisation du système d'information et de gestion de l’IMF. Dans le cadre du partenariat, ASIENA souhaite notamment lancer un projet d’agence mobile de crédit et d’épargne pour mieux servir les populations les plus pauvres vivant dans les zones ‘non loties’ en périphérie de Ouagadougou.

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