Carnet d'Afrique de l'Ouest

Les programmes d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'Ouest

dimanche 13 septembre 2009

Fière d’être Nakoglbzanga !


(Rapporté par Adélaïde Gros)

Cela va bientôt faire un an que le projet spiruline a été mis en place dans la région de Koudougou avec notre IMF partenaire AsIEnA. L’heure est donc venue de faire un premier bilanet c’est l’occasion de s’entretenir avec les Nakoglbzanga* et de connaître leurs sentiments sur le projet et leurs motivations.

Je voulais vous faire partager les échanges que j’ai eu avec Georgette Kanssono, . Nakoglbzanga au village de Goundi, près de Koudougou.

Le plus frappant est la fierté de Georgette Kanssono. Lorsque nous lui parlons de la spiruline, elle esquisse un sourire, rapidement elle se livre et nous explique les bienfaits que lui a apporté la poudre verte. Elle commence en abordant le thème de la santé, car depuis que Georgette consomme elle-même la spiruline, elle a retrouvé l’appétit, mais aussi le sommeil et elle a fait de son propre cas son argument de vente numéro 1.

Elle nous explique également que la reconnaissance de ses proches est très importante, tout le monde sait qu’elle vend la spiruline au village. Cette fierté d’être Nakoglbzanga, nous pouvons l’entendre dans son récit, mais elle est également observable dans son attitude. Quand elle arbore son badge de Nakoglbzanga, consciente de la responsabilité qui repose sur ses épaules, elle arpente le marché en criant avec conviction « spiruline, spiruline » pour vendre le sachets de 25g de spiruline. Aujourd’hui, elle cumule le poste de Nakoglbzanga avec celui de Maman Santé, c'est-à-dire qu’elle s’occupe des ventes qui ont lieu au sein de la MUSO** et suit les familles qui achètent la spiruline.

Il n’est plus rare que les villageois viennent frapper à sa porte pour lui demander des conseils aussi bien sur la santé que sur la nutrition. La passion avec laquelle Georgette parle de la spiruline fait d’elle, sans aucun doute une excellente ambassadrice de ce complément alimentaire. Mais elle reste réaliste : oui, la spiruline permet de rester en bonne santé et est bonne pour tous, enfants, adultes, personnes agées, mais ce n’est pas un médicament, il faut donc continuer à se soigner, si l’on est malade. Et pour bénéficier des bienfaits de la spiruline, il faut la consommer régulièrement.

Aujourd’hui au Burkina Faso, en période de soudure, où les greniers sont vides et les champs pas encore prêts à être récoltés, la spiruline n’est plus une priorité pour un grand nombre de familles en brousse. Au prix de 500 FCFA le sachet, de nombreux clients habituellement fidèles ne peuvent se fournir et attendent l’arrivée des prochaines récoltes et des rentrées d’argent pour pouvoir reprendre leur traitement. Georgette se désole de cette situation non pas parce que ses bénéfices diminuent au cours de l’hivernage, mais réellement car elle se soucie de la santé de ses voisins.

Actuellement les Nakoglbzanga ont donc bien du mal à remplir leur mission, car les clients n’ont plus d’argent, et le prix de revient de la spiruline ne permet pas encore de baisser les prix. Mai la priorité pour Georgette et les autres Nakoglbzanga du projet reste bien d’informer sur les bienfaits de la spiruline et de la rendre accessible aux personnes vivant en brousse. AsIEnA et EdM travaillent quant à eux avec les fermes productrices pour voir comment diminuer le prix de revient et le prix de vente, tout en visant la pérennité du projet et sans impacter sur la viabilité des fermes… un difficile équilibre…

* vendeurs-conseillers de spiruline, membres des MUSO d’AsIEnA. Le nom signifie ‘celui qui s’occupe du bien-être de tous’ en lange locale moré.

** MUSO, Mutuelle Solidarité, groupement d’hommes et de femmes qui adhèrent à l’IMF AsIEnA

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dimanche 28 juin 2009

La Success Story de juin au Burkina Faso

La culture des produits maraîchers est une activité qui est de plus en plus pratiquée par les paysans burkinabè après la saison des pluies.
Jean-Baptiste Compaoré, paysan résident à Tansèga, une localité située à quelques 35 Km de Ouagadougou, capitale politique du Burkina-Faso, fait partie de ces braves cultivateurs qui travaillent chaque jour pour gagner leur pain quotidien.

Originaire de Tansèga, Jean-Baptiste cultive dans son jardin choux, piments et courgettes. Il est également pépiniériste et pratique aussi l’élevage.
Membre du groupement Wend Waoga, qui est composé de huit hommes, il est marié et père de sept enfants dont quatre scolarisés. La famille habite dans une concession à cinq maisons dont trois cases sont pour sa famille.
Dès son jeune âge, Jean Baptiste a appris la production de produits maraîchers auprès de son père qui avait pour activité génératrice de revenu ce type d’agriculture.
L’équipement nécessaire à la production est constitué d’arrosoirs, de seaux, de pique haches, de pelles, de dabas* à quatre « dents », de râteaux, de petites dabas* pour la culture des plants et de barres à mine pour creuser des puits puisque l’activité n’est pas exercée au bord d’un barrage.
Cependant, les difficultés majeures rencontrées dans l’exercice de cette activité sont relatives à l’assèchement des puits car pour maintenir un bon niveau d’eau durant toute l’année pour la production, l’intérieur du puits doit être recouvert de sape. Les maraîchers ont donc besoin en matériaux tels que le ciment et le sable, mais cela représente un gros investissement et reste un facteur limitant. Jean-Baptiste est dans cette situation car il ne peut financer une telle dépense qui pourtant lui permettrait d’être plus productif.

Pendant la saison pluvieuse, Jean-Baptiste se réveille à trois heures du matin pour se rendre à son jardin, puis se dirige vers son champ à partir de huit heures pour les travaux champêtres. A la fin de la journée vers seize heures il repasse travailler au jardin pour faire notamment un suivi des plants. Il veut arroser avant la nuit, mais surtout vérifier la présence de vers destructeurs et de parasites pour utiliser des pesticides si besoin et préserver ses légumes.

Bien que proche de la capitale, la population de Tansèga mène des activités agro-pastorales et en dépit de leur proximité avec la grande ville, il ne leur est pas facile de se rendre à Ouagadougou dans les caisses de microfinance. Le groupement Wend Waoga bénéficiait d’un appui-conseil de la radio locale « Vive le Paysan » qui l’a orienté vers la Banque Agricole et Commerciale du Burkina (BACB), banque avec laquelle il a travaillé pendant dix ans.
Mais Jean-Baptiste et son groupement ont entendu parler d’AsIEnA la méthodologie de cette institution de microfinance qui promeut l’auto prise en charge leur a plu, et aussi le fait qu’AsIeNa soit équipé d’une agence mobile et vienne rencontrer le groupement sur place tous les mois. Ils se sont donc orientés vers cette nouvelle structure et se sont constitués en une Mutuelle Solidarité (MUSO).
C’est ainsi que depuis trois mois, Jean-Baptiste est partenaire de l’IMF et dispose d’un compte à AsIEnA. Il en est à son premier crédit d’un montant de 25 000FCFA. Cela lui a permis d’acquérir des intrants (semence de courgette, pesticide) pour la production.

Actuellement, Jean Baptiste commence à récolter ses légumes et les écoule sur le marché local, il a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 17 550FCFA, mais la saison n’est pas fini et il espère pouvoir au moins doubler ce revenu avec la vente du reste de sa production. Il a prévu de réutiliser son bénéfice pour rembourser le crédit bien sûr, mais aussi pour lancer une deuxième phase de production.
Après avoir soldé son premier crédit avec AsIEnA, il a pour projet de contracter un second prêt plus élevé pour rétablir et améliorer le niveau de deux puits qui sont actuellement mis au rebus.

(Rapportée par Armel Guenguere)


* la daba est un outil local, une petite pioche

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samedi 13 juin 2009

De la crise financière internationale à la crise alimentaire locale


La crise économique touche-t-elle le Burkina Faso ?Le Journal du Jeudi, un hebdomadaire satirique burkinabé a résumé en quelques coups de crayon bien senti le fossé entre la façon dont la crise économique mondiale est ressentie au Burkina Faso par rapport à l’Europe.

Bien sûr le Burkina Faso n’échappe pas à la vague de la crise financière, même si cela se fait à retardement car le pays est moins lié aux marchés financiers que ne l’est la France par exemple. La spéculation financière internationale est l’œuvre des grandes bourses de Londres, Paris ou New York et la contagion de cette crise financière à l’Afrique reste limitée. Elle est notamment extrêmement faible pour les pays de la zone Franc comme le Burkina Faso et les établissements de la zone qui sont surtout des banques de dépôts et principalement tournés vers leur marché domestique. Les analyses conduites par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), ont relevé que les banques de l'Union ne disposent pas d'effets dits "toxiques" dans leur portefeuille, mais elles pourraient cependant être affectées par la dégradation de l'environnement économique qui en découle.

Sauf que cela n’est pas nouveau. Déjà depuis 2007, le gouvernement burkinabé a dû faire face à une conjoncture économique difficile avec la chute des cours mondiaux du coton, la vigueur de l’euro qui grève la compétitivité du Franc CFA et la hausse du prix du baril du pétrole. Le rebond escompté de l’agriculture en 2008 grâce à des conditions climatiques favorables, ainsi que l’entrée en production de trois mines d’or ont favorisé une certaine reprise de l’activité économique, mais la crise est arrivée sur ces entre faits.

Et au Burkina Faso, la crise des marchés financiers est ressentie de façon bien différente par les populations. Si en Europe, le chômage fait rage, l’emploi en secteur formel n’est pas fréquent au Burkina Faso. Comme dans bien d’autres pays en développement, les pauvres sont essentiellement des travailleurs à faible revenu et le chômage est un “luxe” que peu de gens peuvent se permettre, ce qui suggère que la principale cause de la pauvreté est en fait les faibles revenus et non le manque d’emploi en soi. Les travailleurs du secteur agricole et du secteur informel sont les plus vulnérables à la pauvreté, et les emplois mieux rémunérés dans le secteur formel sont très limités.

On parle de sous-emploi au Burkina Faso car les activités économiques ne génèrent pas suffisamment de revenus pour permettre aux gens de faire face à leurs besoins de base. Ainsi, les travailleurs sont constamment à la recherche de revenus supplémentaires… et cette situation pré-date la crise financière et malheureusement continuera certainement bien après la fin de cette crise.

La cherté de la vie frappe durement les travailleurs de tous les secteurs d'activités : prix des denrées de première nécessité malgré l'annonce d'une bonne saison agricole, prix toujours élevés des hydrocarbures en dépit de la baisse sensible du prix du baril, accès difficile aux services sociaux de base.

La crise financière internationale est en passe de se transformer en une crise sociale profonde. De ce fait, les partenaires sociaux du Burkina doivent se concerter de façon proactive, pour envisager les meilleures solutions à même de préserver les entreprises et les emplois. Face à la contestation sociale, il faut tout mettre en œuvre pour amortir les effets du renchérissement des produits alimentaires et pétroliers.

Je n’ai pas de chiffres liés à la crise, mais des chiffres liés au contexte du pays peuvent mettre ces propos en perspective pour les lecteurs européens. Les indicateurs sociaux du Burkina Faso sont au plus bas avec une espérance de vie de 53,8 ans, et près de la moitié de la population qui a moins de 15 ans. Les dépenses moyennes des ménages burkinabé sont de moins de 200 euros par an et par personne ; et seulement 5,4% ont un réfrigérateur et 16,7% une télévision.

La crise économique mondiale ici se traduit ainsi par une crise alimentaire avec une hausse très sensible des prix de près de 50% en un an sur le sel, l’huile de palme, le maïs ou le beurre de karité. L’inflation du prix des céréales est particulièrement préoccupante car ces produits constituent la base de l’alimentation de la population burkinabé en général et de la population pauvre en particulier.

Pour la population locale, la crise ne changera pas la réalité déjà difficile, par contre la tension monte car les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres et une classe moyenne peine à voir le jour. La hausse vertigineuse des prix profite à certains entrepreneurs et actionnaires, par contre les salariés et les travailleurs du secteur informel souffrent et des dizaines de milliers de ménages sont aujourd’hui dans l’incapacité de se soigner, d’éduquer leurs enfants et de se vêtir. Cette situation insupportable explique fondamentalement les manifestations violentes que le pays a connues en 2008 et qui risquent de revenir si rien n’est fait d’ici là pour combattre efficacement la vie chère.

Si on ne mesure pas encore toutes les répercussions de la crise économique mondiale sur le Burkina Faso, par contre la crise alimentaire locale est bien réelle et celle pour laquelle il faut mobiliser toutes les énergies. Au Burkina Faso, la crise n’est pas synonyme de réduction du budget loisirs, mais bien de la capacité à consommer plus d’un repas par jour…

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dimanche 5 avril 2009

Tout savoir sur Asiena et les MUSO!

Entrepreneurs du Monde intervient depuis 2008 au Burkina Faso, et grâce à votre soutien et vos conseils a pu concrétiser plusieurs partenariats et projets. Vous trouverez ci-joint la
fiche programme présentant notre IMF partenaire Asiena.

La prochaine édition sur les nouveaux développements sortira début 2010.

Bonne lecture!

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dimanche 8 mars 2009

La femme à l'honneur au Burkina Faso


Microstart** parraine la Journée de la Femme à Koubri


On doit à Clara Zetkin la création de la journée internationale de la femme, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, en 1910 Copenhague, puis c’est dans les années 70 que le 8 Mars est devenu La Journée Mondiale de la Femme aux Nations Unies. Cette journée est maintenant fériée au Burkina Faso, au Laos, en Ukraine, en Russie et dans beaucoup d’autres pays.

Aujourd'hui, la journée de la femme est selon les pays plus ou moins suivie perdant dans certains cas son caractère militant et revendicatif. Ailleurs, on suggère aux maris d’emmener leurs femmes à Venise ou de leur offrir un parfum… Ici on défile et on s’active pour des danses, des commémorations et des rencontres sur le thème des droits de la femmes.


‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’, tel était le thème de cette journée du 8 mars au Burkina Faso... A l'instar d'autres pays, la situation n'est guère reluisante au Burkina Faso, les femmes demeurent toujours, avec les enfants, les plus exposées à la pauvreté, aux violences de toutes sortes, à la discrimination et à l'exclusion sociale. Le mariage précoce et forcé de la fille, le lévirat, les violences conjugales, le harcèlement sexuel en milieu scolaire, l'exclusion sociale des femmes âgées … sont autant de stigmates de ces violences et de cette discrimination. Il y a aussi la persistance de l’excision, qui quoiqu'en régression n’a pas encore été éradiquée.


Emotion et espoir alors de voir ces femmes défiler fièrement à Koubri , dans leurs belles tenues, certaines avec leur bébé dans le dos, d'autres arborant fièrement leurs outils de travail, toutes la tête haute devant les autorités locales et coutumières. Alors que le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré est venu en personne assister à l’évènement, espérons que le message de Mme Phoebe Ouedraogo la dynamique et charismatique directrice de l’institution Microstart et marraine de la cérémonie sera entendu par ces hommes, donner plus de pouvoir aux femmes et les écouter… (il y a par exemple seulement 3 conseillères municipales sur 51 à Koubri).


Mme Ouedraogo, modeste ne mentionne pas le travail de son institution à la tribune, mais elle applique quotidiennement et depuis près de 10 ans le slogan du jour. Sa légitimité est toute acquise, car elle et son équipe aident des milliers de femmes à sortir de la pauvreté grâce à la microfinance. Les femmes partenaires de Microstart s’organisent par groupes de 5 ou plus et empruntent des montants allant de 5.000 à 500.000 FCFA à un taux de 2% par mois ; toutes sont incitées à épargner au moins 10% du montant du prêt. Grâce à cela et aux formations offertes par l’institution, notamment le programme d’alphabétisation en collaboration avec le FONAEF (Fonds National pour l’Education des Filles), elles peuvent sortir de la précarité, s’instruire, envoyer leurs enfants à l’école et tout simplement offrir à leurs familles trois repas par jour.

La réussite de cette journée montre bien l’impact de Microstart à Koubri, où les femmes sont organisées et dynamiques, cela nous conforte bien sûr à EdM dans l’importance de les soutenir en coulisses pour les aider à continuer à ‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’.


** EdM a rencontré Microstart il y a un an lors de son implantation au Burkina Faso et le partenariat s’est noué car l’IMF avait besoin d’un appui technique sur leur système d’information et gestion Loan Performer.


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jeudi 26 février 2009

Démarrage sur les chapeaux de roues !

Mise en place d’une « Agence Mobile » de micro crédit dans les quartiers périphériques de Ouagadougou

Depuis 2008, EDM appuie ASIENA* au Burkina Faso, notamment pour la mise en place d’un projet d’Agence Mobile dans les quartiers périphériques de Ouagadougou.

Ce projet, soutenu entre autres par la Fondation Le Mascaret, répond à un réel besoin des habitants les plus défavorisés et excentrés de la capitale du Burkina Faso : avoir accès à des services financiers et non financiers de proximité. Ces familles habitent dans les zones périphériques non viabilisées des villes, où nombre de micro entrepreneurs sont exclus du système bancaire formel et dépendent des usuriers. Elles souhaitent démarrer ou consolider une activité génératrice de revenus, mais sont freinées par plusieurs facteurs : quartiers enclavés, manque de nombreux services de bases, revenus extrêmement modestes ; elles sont pour la quasi totalité engagées dans des activités du secteur informel. C’est souvent la mère de famille qui dans ce cas est impliquée dans la mise en oeuvre de l’activité, les maris, lorsqu’ils travaillent, menant plus souvent des activités en secteur formel ou éloignées de leur lieu d’habitation.
L’offre en services de micro finance ne manque pas sur Ouagadougou, mais elle se bancarise et s’adresse à des familles qui présentent un certain nombre de garanties et qui ne figurent donc pas parmi les plus pauvres.

Ce projet a pour vocation de toucher les citadins les plus éloignés géographiquement des IMF locales et les plus démunis. L’Agence Mobile permettra d’aller au plus près de ces populations afin de leur offrir une offre de services financiers et non financiers, selon la méthodologie Muso** déjà expérimentée par ASIENA auprès de plus de 3000 personnes dans les régions de Dédougou, Diébougou, Nouna et Koudougou. L’objectif est de répondre à la demande en micro crédit des familles les plus pauvres résidant dans ces quartiers, de les sensibiliser à la philosophie Muso et à l’épargne volontaire, d‘organiser des formations portant sur la gestion des micro entreprises, les problèmes sociaux ou l’hygiène/santé et de mettre en place un système de référencement des personnes en difficulté vers des structures plus spécialisées pour certains problèmes sociaux.

Au terme des deux premiers mois de démarrage du projet, une large sensibilisation des populations a déjà été menée par la Responsable des Opérations et Développement d’Asiéna et le Stagiaire Agence Mobile d’EdM. Une dizaine de groupes ont déjà été touchés, soit plus de 300 femmes (et 10 hommes !). La demande en micro crédit chez ces groupes semble très importante et urgente, et la philosophie Muso semble d’ores et déjà les convaincre.
Parallèlement, des démarches ont été entreprises pour l’achat et l’immatriculation d’un véhicule. Dès sa mise en service, il sera possible pour l’équipe de l’Agence Mobile de passer de la sensibilisation aux premiers octrois de crédit aux groupes déjà suivis.

Emilie Frapsauce

* Asiéna, Association Inter-Instituts « Ensemble et Avec » créée en 2002, intervient au Burkina Faso et au Niger avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé (MUSO), de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.

** la méthodologie Muso est un principe de mutuelle de solidarité, où les membres cotisent entre eux pour se prêter ensuite entre eux, avec 3 caisses distinctes : une caisse verte d’épargne retraite servant également pour les crédits aux activités génératrices de revenu, une caisse rouge pour la solidarité, et enfin une caisse bleue permettant un apport extérieur en fonds de crédit. Les Assemblées générales mensuelles sont l’occasion d’animations et de sensibilisations aux thèmes économiques et sociaux.

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mercredi 24 septembre 2008

La MUFEDE fait fructifier ses micro-crédits avec des formations agricoles

Du 16 au 20 septembre 2008, dans le cadre du Programme d’Action Régionale pour l’Économie Sociale(PARESOC), la Mutualité Femmes et Développement (MUFEDE), une des IMF partenaires d’EDM au Burkina Faso a sollicité les formateurs de l’Association Zood Nooma pour l’animation de sessions sur « Les techniques de conservation des stocks dans les banques de céréales » et« Les techniques de défenses et de restauration des sols ».
Ces deux formations ont eu lieu à l’agence de Kongoussi, à 110 km de Ouagadougou, gérée par Mr Abdoulaye Boly et qui compte environ 1500 membres.
Quarante personnes au total ont suivi ces formations avec tout d’abord un cours théorique en moré et en français, puis des travaux pratiques dans le champ du président de Zood Nooma au bord du lac et à la banque de vivres de l’association. Ces deux sujets tiennent à cœur aux partenaires de la MUFEDE qui exercent notamment l’élevage et la maraichiculture dans la zone.
Parmi les sujets abordés, les participants ont pu en apprendre plus sur les techniques de stockage et de protection des stocks dans l’entrepôt, l’hygiène mais aussi la lutte anti ravageurs et la présentation des différents livres de gestion. Ils ont aussi parlé des techniques de lutte contre l’érosion des sols et des rôles clefs des fosses fumières et de la technique de Zai dans la restauration des sols.
Cet échange a été l’occasion pour Mr Sombié, le responsable Épargne de la MUFEDE de rencontrer le président de Zood Nooma. Ce dernier est très intéressé à collaborer avec la MUFEDE et explorer les synergies qui pourraient exister entre micro-crédit, sécurité alimentaire et fertilité des sols. Les participants sont repartis enchantés de leur formation et se sont engagés à former à leur tour les autres membres de leur groupement lors de leur prochaine assemblée générale.

MUFEDE met un accent particulier sur la formation de ses partenaires, car le microcrédit aura beaucoup plus d’impact, si le partenaire est accompagné tout au long du prêt et cette approche bénéficie à la fois aux partenaires qui ont une meilleure maîtrise de leur activité et une plus grande confiance en eux et à l’IMF qui a de meilleurs taux de remboursement (94% pour l’agence de Kongoussi).

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lundi 1 septembre 2008

Mangez moi, mangez moi, mangez moi...


Bonjour!

Me voici au Burkina depuis une petite dizaine de jours mais j’ai l’impression d’y avoir déjà passé bien plus de temps! C’est que notre “West African Coordinator” ne chôme pas et que la spiruline burkinabé a déjà bien trop attendu dans les stocks des fermes du pays.

Je suis donc ici pour 4 mois dans le but d’étudier la possibilité et les manières d’augmenter la consommation et la vente de spiruline avec un produit de microfinance adapté. Cette algue microscopique est déjà produite dans une petite dizaine de fermes au Burkina. La plus petite produit sur 10 m² ; la plus grande, à Koudougou, se veut « projet vitrine » de la spiruline en Afrique de l’Ouest. Financée par le gouvernement, elle regroupe 3600 m² de bassin mais un petit tiers seulement est actuellement utilisé car les consommateurs ne sont pas au rendez-vous.

Cette algue présente pourtant des qualités qui devraient attirer plus d’un burkinabé ! Vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés essentiels, pigments…en font un complément alimentaire idéal pour aider les enfants dénutris à retrouver un certain équilibre alimentaire. Elle permet aussi de renforcer le système immunitaire et présente des effets positifs sur la santé générale des personnes atteintes du sida ; hypertension, diabète, problème de vue, concentration, développement moteur et cérébral voire même les problèmes d’impuissance…sont autant de points sur lesquels la spiruline agit positivement.
Mais sa couleur, son odeur, son goût, sa nature même d’algue la rendent difficile à consommer.

Alors voilà, avec Laetitia, Marguerite sur notre petite P50* nous voici en route pour faire de la spiruline le sel de la vie des burkinabé…ou presque !
Les idées sont déjà nombreuses ; miel, boule de coco, gâteaux d’arachides, boissons que l’on pourrait enrichir ; pièces de théâtre, pagnes, affiches pour qu’on en parle jusque dans les maquis de brousse ; microcrédit à la vente, microcrédit à la transformation…on vous tiendra au courant et on attend vos idées !

A bientôt !

Raphaëlle


*petite mobylette locale


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jeudi 21 août 2008

Premiers pas au Burkina Faso

Aujourd'hui, je laisse la parole à Cécile qui est venue passer un mois au Burkina Faso en tant que bénévole... après quelques mois à travailler en solo, j'étais ravie d'avoir du renfort! Et une contributrice pour le blog... bonus! Elle vient de prolonger son séjour de 5 jours... il y a encore du travail... et puis le Burkina Faso est un pays attachant que l'on a du mal à quitter. Quand elle 'demandera la route', comme on dit ici, 'on ne lui en donnera que la moitié', comme le veut la coutume burkinabé... pour qu'elle revienne vite! Bonne lecture!


« Je suis venue prêter main forte durant mes vacances à Laetitia au sein des deux IMF partenaires d’EDM Afrique de l’Ouest… Au programme : immersion au sein des deux IMF MUFEDE et ASIENA afin de faire un diagnostic sur les processus comptables et les outils de gestion en place.
Après « une bonne arrivée », les journées alternent entre rencontres des différents membres des IMF et terrain : prise de connaissance de l’activité de microcrédit à travers des interviews des caissières, gérantes, responsable Epargne, responsable portefeuille, comptable mais aussi tournée des partenaires avec une animatrice sur les différents marchés d’Ouaga et découverte des différents commerçants bénéficiaires : vendeuse de dolo, vendeuse de pagne, coiffeuse, quincailliers…Il s’agit dans un premier temps de bien comprendre les mécanismes de l’activité pour pouvoir identifier les besoins de suivi et l’état actuel du suivi effectué au sein des IMF. Rapidement, je me rends compte que les problématiques ne sont pas très différentes de celles que je rencontre en France dans mon métier de consultante en processus financiers chez KPMG…: absence de contrôles, peu de procédures ou procédures peu formalisées, beaucoup de processus manuels… Les recommandations vont pouvoir pleuvoir ! Mais attention, il s’agit aussi de prendre en compte la façon de travailler et le cœur de métier des deux IMF partenaires.. ; Et oui, on ne travaille pas de la même manière qu’on soit à Paris ou à Ouaga… Heureusement, là encore mon expérience de 6 mois de mission à Casablanca l’année dernière va pouvoir porter ses fruits….Ce n’est pas parce qu’on parle la même langue par exemple qu’on se comprend forcément toujours bien : donc je fais bien attention à expliquer, réexpliquer différemment, m’assurer que ce que je demande est bien compris....Heureusement, les équipes sont volontaires et bien contentes de voir du soutien arriver.. oui, d’accord, mais il va falloir se retrousser les manches pour que le plan d’actions se mette en œuvre !
De mon côté, l’étonnement est quotidien et l’apprentissage permanent : travail au rythme burkinabé – tôt le matin mais sieste obligatoire entre 12H30 et 15h -, pas de sauvegarde informatique – ah quoi bon ? – malgré les coupures d’électricité régulières et les virus informatiques qui pullulent, pas d’équipement informatique des bureaux provinciaux (je rendrai visite à l’agence de Koudougou à 1h30 de Ouaga) : tout est tenu à la main dans de jolis registres papiers, une colonne débit, une colonne crédit, un stylo bleu, un stylo rouge et hop le tour est joué ! Malgré cela, le cœur de métier fonctionne : couverture des zones commerciales des villes où sont implantées les IMF, volonté des IMF de s’adresser aux plus pauvres en développant des produits appropriés et en suivant l’évolution du niveau de vie des partenaires, animatrices terrain qui aiment leur métier et mettent du cœur à l’ouvrage… Une expérience riche en échanges, bien loin de mes préoccupations habituelles d’européenne et qui ne peut que donner envie de recommencer…. »

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mercredi 30 juillet 2008

EdM à l'honneur dans Le Dauphiné Libéré

La ville de Chambéry est jumelée avec la ville de Ouahigouya au Burkina Faso. Le Dauphiné Libéré partage ici avec ses lecteurs ce qui peut amener une Savoyarde à s'installer au Burkina Faso et nous explique les projets d'EdM en Afrique de l'Ouest. Pour télécharger et lire l'article, cliquez ici.

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vendredi 27 juin 2008

‘Bonne Arrivée’ au Burkina Faso

‘Bonne Arrivée’, bienvenue au Burkina Faso ! Suite à une prospection début 2008, EDM a décidé en mai de lancer des activités au pays des hommes intègres. Un de nos partenaires pour ce nouveau programme est l’institution de microfinance ASIENA, Association Inter-institut Ensemble et Avec, créée en 2003 et dirigée par la très dynamique Emilie Somda.
ASIENA a débuté en faisant du crédit aux communautés religieuses, et après cette expérience de crédit direct, a voulu privilégier le microcrédit aux populations les plus pauvres et la mise en place de Mutuelles de Solidarité ou MUSO. Au Burkina Faso, près des deux tiers de la population vivent avec moins de 250 francs CFA par jour (0,40 euro). ASIENA intervient avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé, l’installation de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.
Une MUSO est un groupe de personnes qui se connaissent et décident de cotiser en vue d’atteindre certains objectifs communs ou de transformer ces cotisations en crédit pour les membres du groupe. La MUSO diffère de la tontine dans la mesure où elle constitue un capital avant de prêter et octroie des crédits en fonction des besoins de chacun et non d’une manière uniforme pour tous.
Trois caissettes caractérisent la MUSO, une caisse verte pour l’épargne et le crédit, une caisse rouge pour la prise en charge des besoins sociaux et une bleue pour les transactions financières avec l’extérieur. Le groupe se cotise en interne et fixe lui-même le montant des cotisations. A ce jour il y a 85 Muso et plus de 2000 membres. Quand les fonds internes ne suffisent plus, Asiena peut offrir du refinancement à court terme.
ASIENA touche surtout des femmes en zone périurbaine ou rurale, début juin avec sœur Emilie nous nous sommes rendues à Toma à 500km au nord ouest de Ouagadougou pour rencontrer des associations intéressées par créer des MUSO. Après avoir assisté à la séance de sensibilisation, l’association Kayo-lo (Lève-toi) de personnes vivant avec le VIH a décidé de rejoindre les 85 MUSO et plus de 2000 membres qui existent déjà au Burkina Faso. Ce groupe de 36 personnes, dont 32 veuves, s’est mis d’accord sur le montant des cotisations hebdomadaires et pourra bientôt s’octroyer les premiers microcrédits. Pour la présidente de l’association, Pélagie, c’est une grande fierté d’adhérer à une MUSO, non seulement les microcrédits vont les aider à développer des activités de petit commerce, de dolo (bière artisanale locale) ou de restauration (riz sauce, beignets…) et à améliorer leur revenu, mais cela leur donne aussi l’occasion de penser à autre chose que la maladie et de mettre leur énergie dans ces nouveaux projets.
Entrepreneurs du Monde soutient la professionnalisation d’ASIENA grâce à une aide financière qui servira notamment à la mise en œuvre et l'informatisation du système d'information et de gestion de l’IMF. Dans le cadre du partenariat, ASIENA souhaite notamment lancer un projet d’agence mobile de crédit et d’épargne pour mieux servir les populations les plus pauvres vivant dans les zones ‘non loties’ en périphérie de Ouagadougou.

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vendredi 20 juin 2008

Le Courrier Cauchois parle d'Entrepreneurs du Monde

Un article est paru ce jour dans Le Courrier Cauchois. Cet hebdomadaire présente ici aux Normands le micro-crédit et notamment les actions d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'ouest. Vous pouvez le télécharger et le lire en cliquant ici.

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