Le responsable Mission Sociale d'ALIDé Edmond nous fait partager ce mois-ci une histoire édifiante d'une partenaire bénéficiaire d'un crédit 'coup de pouce'. Originaire d’Agbodjèdo, dame Lucienne a grandi chez un oncle paternel à Sèmè-Podji, ville située entre Porto-
Novo, la capitale politique, et Cotonou, la capitale économique du Bénin. Après le décès de son oncle, elle est retournée dans
son quartier natal d’Agbodjèdo. Elle est mariée à monsieur Benoît A., vendeur de jeans dans une boutique, et mère de quatre enfants dont deux scolarisées. Sa fille Honorine, 14ans, est admise au Certificat d’Etude Primaire session 2008 et Ella, 11ans, passe au Cours moyen première année. Malheureusement, sa fille Solange âgée de sept ans n’a pas terminé la classe de CP1 qu’elle a pourtant commencée l’année dernière. Lucienne a dû garder une tante malade à l’hôpital et n’a pas eu le temps de suivre sa fille cadette. Raphaël, le benjamin de la famille est encore à la maison.
Dame Lucienne et son mari ont brièvement séjourné dans une maison familiale d’Agbodjèdo avant de s’installer dans une maisonette en bambou qui comprend deux pièces et appartient à l’oncle du mari. Dame Lucienne était vendeuse de bijoux, de foulards et de produits cosmétiques. Mais durant son séjour à l’hôpital, les personnes à qui dame Lucienne a confié son étalage n’en ont pas bien pris soin. Elle a alors subit des pertes et n’avait plus de fonds de roulement. Ces déboires n’ont pourtant pas entaché son engagement et son ambition à améliorer sa situation économique stable. Pour se reprendre, elle s’est lancée dans la vente du gari (manioc) et petites marchandises (arachides, sucre). Lucienne est une dame très entreprenante et cela était bien connu
de son entourage. C’est ainsi qu’une voisine l’ayant vue avec son modeste
étalage l’a orientée vers ALIDé. Elle fit alors la demande du Crédit Coup de Pouce et obtint un montant de 10000 FCFA (voir la photo de gauche avant le crédit, et droite, après le crédit). Grâce à ce fonds, elle a acheté des produits divers: friandises, sachets de détergents en poudre, boîte de lait concentré... Pour exercer cette activité, elle se servait d’une mini baraque qu’elle a pu améliorer avec l’obtention du prêt et équiper de tabourets, de plateaux, de petits seaux en plastiques, de cordes pour présenter ses marchandises et de cartons pour les ranger.
Rapidement, son revenu journalier a augmenté passant de 1 500 FCFA à 4 000, voir 5 000 FCFA par jour. Et en bonne commerçante, Lucienne ne thésaurise pas son revenu. Le lendemain matin, après avoir installé son étalage, elle le confie à une voisine et va se réapprovisionner au grand marché de Dantokpa. Ce faisant, et comme elle l’a appris lors de la formation dispensée par ALIDé sur la gestion du crédit, elle s’interdit des investissements ruineux et sans bénéfice comme l’achat de vêtements ou les dépenses funéraires et a pour objectif avant tout de voir grandir son activité et d’améliorer le niveau de vie de sa famille.
Déjà à 7 heures du matin, 8 heures au plus tard, Lucienne installe sa marchandise devant son domicile pour y rester jusqu’à 23 heures et parfois minuit car c’est à cette heure que les clients affluent.
Dame Lucienne a obtenu son deuxième crédit le mois passé et envisage d’acquérir une baraque neuve et plus grande. Avoir une activité économiquement stable et offrir une instruction solide à ses enfants est son plus grand rêve. Pour l’année prochaine, elle s’est engagée à inscrire ses deux enfants non encore scolarisés à l’école.
Libellés : Agbodjedo, agence B, août, Bénin, coup de pouce, Success Story