Paru dans le numéro de Janvier d'Interdépendances, un article écrit par Raphaëlle Birot, Ingénieur Agronome qui a fait partie de l'équipe de lancement du projet de vente de spiruline en zone rurale dans la région de Koudougou. En 2009, 25 vendeuses, bénéficiaires de l'IMF AsiEnA ont distribué plus de 120kg de spiruline dans les villages autour de Koudougou, tous les espoirs sont permis pour qu'en 2010 encore plus d'enfants et d'adultes malnutris bénéficient ainsi de la spiruline... TresorVert.pdf
Microstart** parraine la Journée de la Femme à Koubri
On doit à Clara Zetkin la création de la journée internationale de la femme, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, en 1910 Copenhague, puis c’est dans les années 70 que le 8 Mars est devenu La Journée Mondiale de la Femme aux Nations Unies. Cette journée est maintenant fériée au Burkina Faso, au Laos, en Ukraine, en Russie et dans beaucoup d’autres pays.
Aujourd'hui, la journée de la femme est selon les pays plus ou moins suivie perdant dans certains cas son caractère militant et revendicatif. Ailleurs, on suggère aux maris d’emmener leurs femmes à Venise ou de leur offrir un parfum… Ici on défile et on s’active pour des danses, des commémorations et des rencontres sur le thème des droits de la femmes.
‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’, tel était le thème de cette journée du 8 mars au Burkina Faso... A l'instar d'autres pays, la situation n'est guère reluisante au Burkina Faso, les femmes demeurent toujours, avec les enfants, les plus exposées à la pauvreté, aux violences de toutes sortes, à la discrimination et à l'exclusion sociale. Le mariage précoce et forcé de la fille, le lévirat, les violences conjugales, le harcèlement sexuel en milieu scolaire, l'exclusion sociale des femmes âgées … sont autant de stigmates de ces violences et de cette discrimination. Il y a aussi la persistance de l’excision, qui quoiqu'en régression n’a pas encore été éradiquée.
Emotion et espoir alors de voir ces femmes défiler fièrement à Koubri , dans leurs belles tenues, certaines avec leur bébé dans le dos, d'autres arborant fièrement leurs outils de travail, toutes la tête haute devant les autorités locales et coutumières. Alors que le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré est venu en personne assister à l’évènement, espérons que le message de Mme Phoebe Ouedraogo la dynamique et charismatique directrice de l’institution Microstart et marraine de la cérémonie sera entendu par ces hommes, donner plus de pouvoir aux femmes et les écouter… (il y a par exemple seulement 3 conseillères municipales sur 51 à Koubri).
Mme Ouedraogo, modeste ne mentionne pas le travail de son institution à la tribune, mais elle applique quotidiennement et depuis près de 10 ans le slogan du jour. Sa légitimité est toute acquise, car elle et son équipe aident des milliers de femmes à sortir de la pauvreté grâce à la microfinance. Les femmes partenaires de Microstart s’organisent par groupes de 5 ou plus et empruntent des montants allant de 5.000 à 500.000 FCFA à un taux de 2% par mois ; toutes sont incitées à épargner au moins 10% du montant du prêt. Grâce à cela et aux formations offertes par l’institution, notamment le programme d’alphabétisation en collaboration avec le FONAEF (Fonds National pour l’Education des Filles), elles peuvent sortir de la précarité, s’instruire, envoyer leurs enfants à l’école et tout simplement offrir à leurs familles trois repas par jour.
La réussite de cette journée montre bien l’impact de Microstart à Koubri, où les femmes sont organisées et dynamiques, cela nous conforte bien sûr à EdM dans l’importance de les soutenir en coulisses pour les aider à continuer à ‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’.
** EdM a rencontré Microstart il y a un an lors de son implantation au Burkina Faso et le partenariat s’est noué car l’IMF avait besoin d’un appui technique sur leur système d’information et gestion Loan Performer.