Pourquoi soutenir l’entrepreneuriat des femmes ?

Pourquoi soutenir l’entrepreneuriat des femmes ?

Ladi TchagbataoLadi Tchagbatao est l’ancienne directrice d’Assilassimé, le programme initié par Entrepreneurs du Monde au Togo. Celle qui a été elle-même « petite marchande » explique pourquoi et comment il faut soutenir l’entrepreneuriat des femmes les plus pauvres.

« Les femmes sont plus touchées que les hommes par la pauvreté. En effet, elles ont été peu ou pas à l’école et donc accèdent encore moins que les hommes à un emploi formel. Elles doivent donc créer leur propre activité génératrice de revenus qu’elles sont capables de démarrer du jour au lendemain. Mais dans n’importe quelle activité, au Togo comme en France, il faut un peu de trésorerie. Sinon on doit acheter sa marchandise en toutes petites quantités, à crédit et au prix fort.

 

Des bénéficiaires d'un programme de microfinance sociale d'Entrepreneurs du Monde au Sénégal

L’entrepreneuriat des femmes : un enjeu capital

Traditionnellement, 80% de la charge des enfants revient aux femmes. L’apport des hommes se cantonne presque toujours au repas du soir et à un soutien en cas de grave problème de santé. Alors, si l’on veut miser sur la sécurité alimentaire et le développement général de l’enfant, il faut soutenir l’entrepreneuriat des femmes !

Ce dont elles ont besoin d’abord, c’est d’un microcrédit et d’un livret d’épargne. Nous organisons des réunions de groupe tout près de chez elles. Ce service de proximité change tout pour elles : il leur évite de perdre du temps en parcourant de longues distances à pied ou de l’argent en dépensant en transport le montant qu’elles pourraient épargner ! Et croyez-moi, quand elles reviennent avec leur premier livret d’épargne à la maison, le regard de l’homme sur elles change !

 

Prendre confiance en soi

Ce regard sur elles qui change, ce premier déclic, c’est le début d’un renforcement de la confiance en soi et de ses capacités. Cet objectif est au cœur de notre mission. D’autant que nous appuyons en priorité des femmes très fragilisées, parfois exclues : celles qui vivent avec le VIH ou un handicap, les veuves, les fille-mères, les portefaix*, les travailleuses du sexe. Pour ces femmes là, c’est encore plus dur que pour les autres d’entreprendre. Personne ne veut croire en elles et en leur activité naissante. Trop risqué, pas rentable ! Et bien, nous, nous croyons en elles !

Nous les aidons à s’organiser en groupes de 15 à 30 et à se structurer (une présidente, une trésorière, une secrétaire, une animatrice). Elles se retrouvent deux fois par mois pour participer à nos formations en gestion, santé, droits, éducation.

Quand l’une d’entre elles rencontre un problème, elle l’expose et les autres la conseillent. Elles se font confiance parce qu’elles se sont engagées à ce que rien de ce qui se dit ici ne sorte d’ici.

La plupart des femmes nous ont rejoints d’abord pour avoir un microcrédit. Mais elles sont tellement intéressées par les formations qu’elles continuent de participer à ces rencontres même quand elles n’ont pas de crédit en cours !

Je vois ces femmes se redresser et leur visage s’éclairer. Je sais qu’on a été au bon moment, au bon endroit, avec le bon coup de pouce !« 

* portefaix : personne payée à la pièce pour porter les charges des marchandes venues s’approvisionner au marché de gros.

 

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